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15ème COLLOQUE SUR LES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET LE DROIT EN EUROPE

"E-JUSTICE : INTEROPÉRABILITÉ DES SYSTÈMES"

CONCLUSIONS

Les participants du 15ème Colloque sur les technologies de l’information et le droit en Europe, organisé par le Conseil de l’Europe en co-opération avec l’Office fédéral suisse de la Justice à Macolin (Suisse) du 3 au 5 avril 2002 sur le thème de « e-Justice : interopérabilité des systèmes » :

  • Considérant l’interopérabilité comme une condition préalable de l’efficacité de la justice dans l’ère de l’information, afin, notamment, de se conformer aux exigences de la Convention Européenne des Droits de l’Homme dans le domaine de l’accès à la justice  ;
  • Rappelant la Déclaration relative à une politique européenne pour les nouvelles technologies de l'information, adoptée par le Comité des Ministres à Budapest en mai 1999, et la Résolution No1 « Rendre la justice au XXIème siècle », adoptée à la 23ème Conférence des Ministres européens de la Justice à Londres en juin 2000 ;
  • Tenant en compte le potentiel de l’interopérabilité pour faciliter la coopération juridique transfrontalière, afin de faire face à la nécessité croissante d’une coopération plus étroite entre les pays dans le secteur de la justice ;
  • Reconnaissant les bénéfices et le rôle de l’interopérabilité pour assurer la transparence et l’accès des organisations publiques et privées et des citoyens à l’information dans le secteur de la justice ;
  • Conscients de la nécessité d’assurer la sécurité juridique à l’égard de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information dans le secteur de la justice ;
  • Ayant délibéré sur les conditions stratégiques, organisationnelles et administratives de l’interopérabilité dans les différents domaines du secteur de la justice tels que les systèmes de la justice pénale et civile et les registres publics ;
  • Ayant examiné les problèmes actuels d’interopérabilité dans le secteur de la justice et les différentes méthodes et expériences de leur résolution dans les Etats membres et entre les états membres;
  • Prenant en compte la nécessité de réformes dans les procédures de travail et dans les relations inter-institutionnelles résultant de l’interopérabilité ;
  • Ayant examiné les dernières normes pour les documents et la communication dans le secteur de la justice ;
  • Ayant examiné, en outre, l’état actuel et les résultats récents du travail intergouvernemental du Conseil de l’Europe concernant l’interopérabilité des systèmes d’information, l’archivage des documents électroniques et l’utilisation des documents électroniques dans le secteur de la justice,

Ont adopté les Conclusions suivantes du Colloque :

  • L’interopérabilité est indispensable afin d’assurer des échanges efficaces et sécurisés des données et des informations entre les différentes organisations et afin de faire face aux problèmes soulevés par la complexité croissante des systèmes d’information dans le secteur de la justice,
  • Afin de faciliter l’interopérabilité, les projets des technologies de l’information dans le secteur de la justice devraient être mis en œuvre de façon coordonnée impliquant les différentes parties prenantes et en mettant en rapport différents domaines. Les besoins d’interopérabilité du secteur de la justice devraient être également pris en compte dans le cadre des stratégies nationales des technologies de l’information telle que l'administration électronique ;
  • Les structures de l’interopérabilité dans le secteur de la justice devrait être adaptées aux besoins spécifiques des Etats membres individuels et des organisations individuelles du secteur de la justice. Le niveau de l’interopérabilité devrait être déterminé dans chaque cas particulier en prenant en compte les considérations du rapport coût – efficacité ;
  • L'interopérabilité devrait être accompagnée et supportée par des réformes appropriées aux lois et aux règlements pertinents qui régissent le fonctionnement des organisations du secteur de la justice afin de tirer le maximum d'avantages des nouvelles possibilités de la coopération inter-organisationnelle offertes par l'interopérabilité. Ces modifications dans les procédures de travail dans le secteur de la justice ne doivent cependant pas contrarier les garanties constitutionnelles de l’indépendance du pouvoir judiciaire dans les procédures judiciaires ; 
  • Dans le contexte de l'interopérabilité, une attention particulière devrait être attirée sur l’accroissement des ressources humaines dans le secteur de la justice. Le personnel des organisations du secteur de la justice devrait être formé aux nouvelles technologies de l'information, en particulier, aux aspects liés aux techniques d’échange des données et des informations efficaces et sécurisées ;
  • L'interopérabilité devrait faciliter les échanges électroniques des données entre les organisations publiques et privées du secteur de la justice. Les structures de l'interopérabilité devraient néanmoins prendre en compte les risques potentiels de la sécurité de l’information et de la protection de la vie privée, ce qui requiert des mesures organisationnelles et des techniques de sécurité appropriées ;
  • L'interopérabilité des systèmes d’information dans le secteur de la justice devrait être facilitée en appliquant les dernières normes de documents et de communication tels que XML (langage de balisage extensible) et les dernières techniques d’authentification telles que l’infrastructure à clés publiques et les signatures électroniques ;
  • Les participants saluent le travail du Conseil de l’Europe sur le projet de Recommandation sur « l’interopérabilité des systèmes d’information dans le secteur de la justice » ;
  • Afin d’améliorer en permanence l’efficacité de la justice, les participants soulignent l’utilité des rencontres régulières entre spécialistes des technologies de l’information et le droit pour faciliter la coordination et les échanges d’informations entre les états membres du Conseil de l’Europe dans ce domaine en évolution rapide et d’une importance toujours croissante ;
  • Enfin, les participants remercient très sincèrement l’Office fédéral suisse de la Justice pour l’excellente organisation du Colloque et pour l'accueil chaleureux qui leur a été réservé.